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La réalisation d’un protocole de recherche nécessite
dès la conception du projet de prévoir un budget de
financement. Selon le type de l’étude et son importance
(études animales, imagerie, radio-isotopes, …) le budget
nécessaire peut dépasser plusieurs centaines de milliers
d’euros. Il est donc primordial de prévoir avec précision
les coûts engendrés par le projet. Malheureusement
bons nombres de travaux s’arrêtent au stade de la conception
faute de moyens financiers. La répartition des dépenses
doit être clairement définie. Dans un premier temps,
les différents coûts liés à un protocole
de recherche sont abordés et dans un second temps les solutions
de financements sont présentées.
1- Les différents coûts de la
recherche clinique
a) Le protocole lui-même : il s’agit de tenir compte
des dépenses engendrées par la mise en place de
l’étude. : coûts des consommables (anesthésiques
locaux, aiguilles, seringues, …), achats de matériel
spécifique (neurostimulateurs, station de dosages plasmatiques
des anesthésiques locaux, …), réalisation
d’examens complémentaires (tomodensitométrie,
électromyographie, analyses d’échantillons,
…), frais d’expédition des analyses ou des
documents en cas d’essais multicentriques, édition
des cahiers d’observation, impression des fiches de consentement
et d’information…. Il est important d’évaluer
les coûts supplémentaires engendrés par l’étude
par rapport à la pratique clinique habituelle. Certains
coûts ne peuvent être pris en charge par la direction
de la recherche clinique. C’est le cas par exemple des investissements
de matériel.
b) L’assurance de l’étude : Tout protocole
de recherche nécessite la souscription d’une assurance
spécifique, couvrant les conséquences du protocole.
Une attestation d’assurance doit être fournie lors
de la constitution du dossier pour le CCPPRB. Il existe des assurances
privées qui acceptent de couvrir ces risques.
c) L’indemnisation des volontaires : il peut être
envisageable de prévoir une indemnisation destinée
à compenser les contraintes subies pour les participants
uniquement dans le cadre des recherches biomédicales SANS
bénéfice individuel direct (voir chapitre RSBID).
Le montant total des indemnités qu’une personne peut
percevoir au cours d’une période de 12 mois consécutifs
est limité à un maximum fixé par arrêté
ministériel. L’investigateur doit vérifier
ces informations auprès du “fichier national des
personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales
sans bénéfice individuel direct“. Dans les
autres cas (recherche avec bénéfice individuel direct),
l’essai clinique ne donne lieu à aucune contrepartie
financière directe ou indirecte pour les personnes qui
s’y prêtent.
d) Les frais annexes : la teneur du protocole de recherche peut
nécessiter l’aide d’un attaché de recherche
clinique (ARC), d’un épidémiologiste, ...
Bien souvent, il est important de prévoir une rémunération
(sous forme de vacation) pour chacun des participants.
e) Les frais du CCPPRB : la soumission du projet de recherche
devant le comité d’éthique nécessite
le versement d’une somme fixée par arrêté
ministériel (environ 150 euros).
2- Les sources de financement
Dans la majorité des cas, la Délégation
Régionale de la Recherche Clinique (DRRC) propose des financements
pour les études, à travers différents programmes
locaux, régionaux ou nationaux. Il est donc nécessaire
de déposer un dossier auprès de la DRRC avant de
soumettre le projet au CCPPRB (voir chapitre DRRC).
Beaucoup de protocoles de recherche n’engendrent aucun
surcoût (hormis les frais d’inscription devant le
CCPPRB et les frais d’assurance). Dans ces cas, l’établissement
de soin se porte promoteur en dehors des appels d’offre.
C’est par exemple le cas d’une étude pharmacodynamique
comparant la ropivacaïne dans le bloc sciatique par la voie
parasacrée de Mansour et par la voie classique de Labat.
Cette étude est destinée à comparer 2 techniques
utilisées en pratique quotidienne sans nouveauté
au niveau des anesthésiques locaux. La promotion d’une
étude hors appel d’offre (c’est à dire
n’engendrant aucun surcoût) ne préjuge pas
de la nécessité d’obtenir l’accord du
CCPPRB.
Lorsqu’il existe un surcoût engendré par le
protocole de recherche, il est nécessaire de recourir à
des enveloppes spécifiques destinées à financer
les projets de recherche. Ce sont les Programmes Hospitaliers
de Recherche Clinique (PHRC). Il s’agit d’enveloppes
nationales (PHRC national), régionales (PHRC régional)
ou locales (PHRC local ou Appel d’Offre Local : AOL). Les
PHRC nationaux ou régionaux sont destinés à
des études nécessitant un montant élevé
pouvant dépasser plusieurs centaines de milliers d’euros.
La DRRC donne un avis au Comité National de Recherche Clinique.
Dans le cadre des AOL, il s’agit d’un programme local
de soutien aux CHU. Les dossiers sont examinés localement
par la DRRC.
En dehors de la DRRC, il existe d’autres appels d’offre
émanant de divers organismes : INSERM, Fondation de France,
Fédération Nationale des centres de lutte contre
le cancer, Agence Nationale de Recherche sur le SIDA, Association
Française pour la Recherche Thérapeutique, …
Un dossier doit être retiré directement auprès
de ces organismes.
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