METHODOLOGIE
 


Rédaction d’un résumé (abstract). Trucs et astuces R Fuzier, JL Ducassé, F Dumoulin


La soumission d’un résumé en vue de sa présentation dans un congrès nécessite de maîtriser un certain nombre d’éléments. Si au départ il peut parfois paraître difficile de s’y retrouver, il est facile d’acquérir rapidement certains automatismes qui faciliteront la tache par la suite. Le but de ce présent chapitre est de fournir des éléments clés à ceux qui veulent se lancer dans la soumission d’un résumé pour un congrès.

Comment choisir le congrès ?

Le choix du lieu de la soumission dépend en grande partie du sujet que l’on souhaite aborder. En effet, il paraît illusoire d’essayer d’envoyer un résumé sur un sujet d’ALR dans un congrès où l’on ne parle pas d’ALR.
Au niveau national, il existe plusieurs congrès qui permettent de présenter des résultats de travaux de recherche. Le plus connu est le congrès de la Sfar (www.sfar.org) qui généralement se tient à la fin du mois de septembre. Il existe par ailleurs un certain nombre de congrès régionaux durant lesquels il est possible de faire ses preuves. Vous trouverez les informations sur le site internet de ces congrès (utilisez les liens à partir du site de la Sfar).
Si vous vous sentez plus à l’aise, vous pouvez envisager des congrès internationaux : congrès de l’European Society of Anaesthesiology (ESA - www.euroanesthesia.org), congrès de l’European Society of Regional Anaesthesia (ESRA - www.esraeurope.org), congrès de l’American Society of Anesthesiologists (ASA - www.asahq.org), congrès de l’American Society of Regional Anesthesia (ASRA - www.asra.com), …
Il est important également de choisir le congrès dans lequel on a l’habitude d’aller. En effet cela permet de mieux connaître l’organisation et notamment tout ce qui a trait aux résumés.

Quel travail retenir pour un résumé ?

Idéalement le travail présenté émane d’une étude établie en vue d’une communication plus ou moins suivie d’une publication. Plusieurs avantages semblent évidents : les questions posées et les réponses apportées sont claires ; l’étude est faite avec une méthodologie et une bibliographie établies. L’étude type est une étude prospective, randomisée contre placebo en double aveugle.
En pratique le plus souvent au départ, il s’agit d’une étude d’un travail réalisé pour autre chose : travail de thèse, mémoire de DU, de DEA, … L’inconvénient majeur est qu’il s’agit d’un travail qui au départ n’était pas prévu pour être présenté lors d’une communication.

Comment structurer un résumé : le fond ?

Un résumé se décline en plusieurs chapitres dont chacun a une importance particulière.

1. Le titre et les auteurs :
Le titre doit être court et sans abréviation. Il doit contenir les mots clefs. Il peut être descriptif, interrogatif mais pas affirmatif.
En ce qui concerne les auteurs, le nombre est généralement limité. Il est important de se reporter aux instructions propres à chaque congrès. Il doit rarement dépasser 6 dans un résumé. Attention aux auteurs de complaisance. L’ordre est important à réfléchir. Les plus importants sont le premier rang (investissement maximal dans l’étude) et le dernier rang (chef d’équipe responsable du projet). Le second rang est également important (participation active au travail). La communication doit être la vitrine du service. Ceci se retrouve au niveau de l’adresse. L’adresse du premier auteur est celle du service dans lequel il travaille.

2. L’introduction
L’introduction doit présenter en 1 à 2 phrases de 3 à 4 lignes le ou les objectifs du travail. Trois points sont généralement abordés : (1) le problème global est posé, (2) le contexte général est situé, (3) la question à laquelle on veut répondre est présentée.

3. La méthode
Le chapitre sur la méthode doit aborder un certain nombre de points :
- la nature de l’étude : expérimentale, comparative, suivie de cohorte ou cas clinique ; thérapeutique, investigationnelle ou organisationnelle ; rétrospective, prospective mono ou multicentrique
- la durée de l’étude
- le critère de jugement principal (fondamental car il constitue toute la base de l’étude) +/- les critères de jugement secondaire (optionnel)
- l’analyse statistique : test principal, seuil de signification (p<0.05)
- autre : accord comité d’éthique, …

4. Les résultats
Noter en premier les données générales. Faire apparaître les chiffres essentiels en une seule fois, au mieux sous forme de tableau. Le plus important est de répondre à la question de l’étude posée lors de l’introduction en utilisant les tests statistiques appropriés fonction du critère de jugement principal.

5. La conclusion
Elle doit servir à répondre à l’objectif de l’introduction. Il est important de laisser une ouverture sur d’éventuelles implications futures pour le service, pour la discipline et pour d’autres études.

Comment structurer un résumé : la forme ?

Si le plus important dans la rédaction d’un résumé est bien le contenu du message que l’on souhaite faire passer, l’architecture du résumé est aussi capitale. Un travail original et de grand intérêt peut être refusé car mis sous une forme inadaptée. Il est donc fondamental de lire et de respecter les recommandations aux auteurs. Un premier tri s’effectue à ce niveau par le comité scientifique du congrès. Si vous avez l’intention de soumettre régulièrement un résumé au même congrès, il peut être fort utile de créer un masque informatisé par exemple sous Word en tenant compte des dimensions et des polices à utiliser. Il est cependant prudent de vérifier chaque année que les instructions aux auteurs sont toujours les mêmes.
Un deuxième niveau de sélection est effectué au niveau de la date limite de soumission. Passer cette date, vous n’avez aucune chance que votre résumé soit pris en compte. Il est donc impératif de noter cette date et d’envoyer votre travail avant, soit par courrier (heure affranchissement +++), soit de plus en plus par internet. Le fax est rarement accepté ! Le nombre d’exemplaires à soumettre varie d’un congrès à l’autre. Encore une fois, tout est indiqué dans les recommandations aux auteurs.
En ce qui concerne l’organisation même du résumé. Il est important d’occuper TOUT l’espace qui est alloué, mais pas plus (tout ce qui dépasse n’apparaîtra pas lors de la publication des résumés). Les 2 chapitres les plus importants sont celui des résultats suivi par celui de la méthode. A eux 2, ils représentent ¾ du résumé. Pour le ¼ restant, le titre et l’introduction représentent les 2/3 et la conclusion un 1/3.
L’apparition de références bibliographiques n’est pas indispensable dans un résumé, sauf si le résumé cherche à répondre à un article précis.
Le style doit être clair, précis avec tous les verbes au même temps (méthodologie et résultats au passé, discussion au présent). Le but est d’être concis, il n’est donc pas besoin d’être littéraire. Les abréviations sont autorisées (le plus souvent elles sont écrites en toute lettre lors de la première citation, cette règle pouvant être omise en cas d’abréviations usuelles admises par la communauté médicale – exemple : ALR). Il faut, autant que faire ce peu, faciliter la tâche des experts qui n’ont pas toujours le temps pour déchiffrer le message que l’on veut faire passer.
Les tableaux sont un excellent moyen pour faire apparaître sur peu d’espace un grand nombre de résultats. Le format doit être adapté au résumé (pas tableau sur 90% du résumé !). Il faut penser aux détails (préciser les unités et les abréviations). Enfin, il faut éviter le superflu, ce qui rendra votre texte plus facilement lisible et donc plus compréhensible.

Comment est sélectionné un résumé ?

Les résumés sont sélectionnés par une commission composée de plusieurs membres. L’anonymat est respecté (chacun a donc sa chance !). La sélection est effectuée à partir d’une grille établie par les membres de la commission et basée sur la qualité de la méthodologie, la qualité de la rédaction et l’intérêt global du travail. Le plus souvent un résumé est corrigé par plusieurs experts. Ensuite il faut tenir compte du plan de sessions (nombre de résumés par sous-groupe d’intérêt : ALR, volatiles, pédiatrie, réanimation, …). Le pourcentage d’acceptation des résumés dans les congrès varie généralement entre 60 et 80%.
Un résumé peut être accepté sous diverses formes selon le plan de session du congrès. IL peut s’agir d’une présentation ou d’une présentation suivie d’une communication. Dans le premier cas, l’auteur doit réaliser un poster papier selon les recommandations émises par l’organisation du congrès. Ce dernier doit être affiché à un moment précis et pour une durée définie. Un rendez-vous avec les présidents de séance est fixé au premier auteur pour une discussion au pied du poster. Dans le second cas, en plus de la discussion au pied du poster selon les même modalités que celles exposées au dessus, l’auteur doit réaliser une présentation orale avec support audiovisuel, dans une salle réservée à cet effet et devant un public plus ou moins important. Des questions peuvent être posées par l’assistance. Il est donc important de vérifier le type de session dans laquelle votre résumé a été accepté pour être présenté.

Conclusion

Il est important lors des premières tentatives d’être encadré par des aînés ayant l’habitude de ce genre d’exercice. Le plus souvent le résumé est accepté. Cependant dans 20 à 40% des cas, il est rejeté. Un résumés rejeté n’est pas synonyme de mauvais travail. Rappelez-vous que bien souvent c’est à cause d’un retard de soumission, de la forme du résumé et du non-respect des recommandations aux auteurs que votre travail n’est pas retenu, d’où l’importance de suivre les instructions. Par ailleurs, le rejet peut être dû à une mauvaise sélection du congrès ou à un nombre limité de résumés pour la session désirée. Quoi qu’il en soit il est important de persévérer et de tenter sa chance soit dans un autre congrès, soit dans le même congrès l’année suivante. En effet, il arrive bien souvent qu’un résumé non accepté une année, le soit l’année suivante car l’orientation générale d’un congrès peut varier d’une année sur l’autre. Dans tous les cas, seuls ceux qui n’ont jamais tenté leur chance, n’ont jamais été déçu par un refus.