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La soumission d’un résumé en vue de sa présentation
dans un congrès nécessite de maîtriser un certain
nombre d’éléments. Si au départ il peut
parfois paraître difficile de s’y retrouver, il est
facile d’acquérir rapidement certains automatismes
qui faciliteront la tache par la suite. Le but de ce présent
chapitre est de fournir des éléments clés à ceux
qui veulent se lancer dans la soumission d’un résumé pour
un congrès.
Comment choisir le congrès ?
Le choix du lieu de la soumission
dépend en grande partie
du sujet que l’on souhaite aborder. En effet, il paraît
illusoire d’essayer d’envoyer un résumé sur
un sujet d’ALR dans un congrès où l’on
ne parle pas d’ALR.
Au niveau national, il existe plusieurs congrès qui permettent
de présenter des résultats de travaux de recherche.
Le plus connu est le congrès de la Sfar (www.sfar.org) qui
généralement se tient à la fin du mois de
septembre. Il existe par ailleurs un certain nombre de congrès
régionaux durant lesquels il est possible de faire ses preuves.
Vous trouverez les informations sur le site internet de ces congrès
(utilisez les liens à partir du site de la Sfar).
Si vous vous sentez plus à l’aise, vous pouvez envisager
des congrès internationaux : congrès de l’European
Society of Anaesthesiology (ESA - www.euroanesthesia.org), congrès
de l’European Society of Regional Anaesthesia (ESRA - www.esraeurope.org),
congrès de l’American Society of Anesthesiologists
(ASA - www.asahq.org), congrès de l’American Society
of Regional Anesthesia (ASRA - www.asra.com), …
Il est important également de choisir le congrès
dans lequel on a l’habitude d’aller. En effet cela
permet de mieux connaître l’organisation et notamment
tout ce qui a trait aux résumés.
Quel travail retenir pour un résumé ?
Idéalement
le travail présenté émane
d’une étude établie en vue d’une communication
plus ou moins suivie d’une publication. Plusieurs avantages
semblent évidents : les questions posées et les réponses
apportées sont claires ; l’étude est faite
avec une méthodologie et une bibliographie établies.
L’étude type est une étude prospective, randomisée
contre placebo en double aveugle.
En pratique le plus souvent au départ, il s’agit d’une étude
d’un travail réalisé pour autre chose : travail
de thèse, mémoire de DU, de DEA, … L’inconvénient
majeur est qu’il s’agit d’un travail qui au départ
n’était pas prévu pour être présenté lors
d’une communication.
Comment structurer un résumé : le fond ?
Un résumé se
décline en plusieurs chapitres
dont chacun a une importance particulière.
1. Le titre et les auteurs :
Le titre doit être court et sans abréviation. Il doit
contenir les mots clefs. Il peut être descriptif, interrogatif
mais pas affirmatif.
En ce qui concerne les auteurs, le nombre est généralement
limité. Il est important de se reporter aux instructions
propres à chaque congrès. Il doit rarement dépasser
6 dans un résumé. Attention aux auteurs de complaisance.
L’ordre est important à réfléchir. Les
plus importants sont le premier rang (investissement maximal dans
l’étude) et le dernier rang (chef d’équipe
responsable du projet). Le second rang est également important
(participation active au travail). La communication doit être
la vitrine du service. Ceci se retrouve au niveau de l’adresse.
L’adresse du premier auteur est celle du service dans lequel
il travaille.
2. L’introduction
L’introduction doit présenter en 1 à 2 phrases
de 3 à 4 lignes le ou les objectifs du travail. Trois points
sont généralement abordés : (1) le problème
global est posé, (2) le contexte général est
situé, (3) la question à laquelle on veut répondre
est présentée.
3. La méthode
Le chapitre sur la méthode doit aborder un certain nombre
de points :
- la nature de l’étude : expérimentale, comparative,
suivie de cohorte ou cas clinique ; thérapeutique, investigationnelle
ou organisationnelle ; rétrospective, prospective mono
ou multicentrique
- la durée de l’étude
- le critère de jugement principal (fondamental car il constitue
toute la base de l’étude) +/- les critères
de jugement secondaire (optionnel)
- l’analyse statistique : test principal, seuil de signification
(p<0.05)
- autre : accord comité d’éthique, …
4. Les résultats
Noter en premier les données générales. Faire
apparaître les chiffres essentiels en une seule fois, au
mieux sous forme de tableau. Le plus important est de répondre à la
question de l’étude posée lors de l’introduction
en utilisant les tests statistiques appropriés fonction
du critère de jugement principal.
5. La conclusion
Elle doit servir à répondre à l’objectif
de l’introduction. Il est important de laisser une ouverture
sur d’éventuelles implications futures pour le service,
pour la discipline et pour d’autres études.
Comment structurer un résumé : la forme ?
Si le plus
important dans la rédaction d’un résumé est
bien le contenu du message que l’on souhaite faire passer,
l’architecture du résumé est aussi capitale.
Un travail original et de grand intérêt peut être
refusé car mis sous une forme inadaptée. Il est donc
fondamental de lire et de respecter les recommandations aux auteurs.
Un premier tri s’effectue à ce niveau par le comité scientifique
du congrès. Si vous avez l’intention de soumettre
régulièrement un résumé au même
congrès, il peut être fort utile de créer un
masque informatisé par exemple sous Word en tenant compte
des dimensions et des polices à utiliser. Il est cependant
prudent de vérifier chaque année que les instructions
aux auteurs sont toujours les mêmes.
Un deuxième niveau de sélection est effectué au
niveau de la date limite de soumission. Passer cette date, vous
n’avez aucune chance que votre résumé soit
pris en compte. Il est donc impératif de noter cette date
et d’envoyer votre travail avant, soit par courrier (heure
affranchissement +++), soit de plus en plus par internet. Le fax
est rarement accepté ! Le nombre d’exemplaires à soumettre
varie d’un congrès à l’autre. Encore
une fois, tout est indiqué dans les recommandations aux
auteurs.
En ce qui concerne l’organisation même du résumé.
Il est important d’occuper TOUT l’espace qui est alloué,
mais pas plus (tout ce qui dépasse n’apparaîtra
pas lors de la publication des résumés). Les 2 chapitres
les plus importants sont celui des résultats suivi par celui
de la méthode. A eux 2, ils représentent ¾ du
résumé. Pour le ¼ restant, le titre et l’introduction
représentent les 2/3 et la conclusion un 1/3.
L’apparition de références bibliographiques
n’est pas indispensable dans un résumé, sauf
si le résumé cherche à répondre à un
article précis.
Le style doit être clair, précis avec tous les verbes
au même temps (méthodologie et résultats au
passé, discussion au présent). Le but est d’être
concis, il n’est donc pas besoin d’être littéraire.
Les abréviations sont autorisées (le plus souvent
elles sont écrites en toute lettre lors de la première
citation, cette règle pouvant être omise en cas d’abréviations
usuelles admises par la communauté médicale – exemple
: ALR). Il faut, autant que faire ce peu, faciliter la tâche
des experts qui n’ont pas toujours le temps pour déchiffrer
le message que l’on veut faire passer.
Les tableaux sont un excellent moyen pour faire apparaître
sur peu d’espace un grand nombre de résultats. Le
format doit être adapté au résumé (pas
tableau sur 90% du résumé !). Il faut penser aux
détails (préciser les unités et les abréviations).
Enfin, il faut éviter le superflu, ce qui rendra votre texte
plus facilement lisible et donc plus compréhensible.
Comment est sélectionné un résumé ?
Les
résumés sont sélectionnés par une
commission composée de plusieurs membres. L’anonymat
est respecté (chacun a donc sa chance !). La sélection
est effectuée à partir d’une grille établie
par les membres de la commission et basée sur la qualité de
la méthodologie, la qualité de la rédaction
et l’intérêt global du travail. Le plus souvent
un résumé est corrigé par plusieurs experts.
Ensuite il faut tenir compte du plan de sessions (nombre de résumés
par sous-groupe d’intérêt : ALR, volatiles,
pédiatrie, réanimation, …). Le pourcentage
d’acceptation des résumés dans les congrès
varie généralement entre 60 et 80%.
Un résumé peut être accepté sous diverses
formes selon le plan de session du congrès. IL peut s’agir
d’une présentation ou d’une présentation
suivie d’une communication. Dans le premier cas, l’auteur
doit réaliser un poster papier selon les recommandations émises
par l’organisation du congrès. Ce dernier doit être
affiché à un moment précis et pour une durée
définie. Un rendez-vous avec les présidents de séance
est fixé au premier auteur pour une discussion au pied du
poster. Dans le second cas, en plus de la discussion au pied du
poster selon les même modalités que celles exposées
au dessus, l’auteur doit réaliser une présentation
orale avec support audiovisuel, dans une salle réservée à cet
effet et devant un public plus ou moins important. Des questions
peuvent être posées par l’assistance. Il est
donc important de vérifier le type de session dans laquelle
votre résumé a été accepté pour être
présenté.
Conclusion
Il est important lors des premières tentatives
d’être
encadré par des aînés ayant l’habitude
de ce genre d’exercice. Le plus souvent le résumé est
accepté. Cependant dans 20 à 40% des cas, il est
rejeté. Un résumés rejeté n’est
pas synonyme de mauvais travail. Rappelez-vous que bien souvent
c’est à cause d’un retard de soumission, de
la forme du résumé et du non-respect des recommandations
aux auteurs que votre travail n’est pas retenu, d’où l’importance
de suivre les instructions. Par ailleurs, le rejet peut être
dû à une mauvaise sélection du congrès
ou à un nombre limité de résumés pour
la session désirée. Quoi qu’il en soit il est
important de persévérer et de tenter sa chance soit
dans un autre congrès, soit dans le même congrès
l’année suivante. En effet, il arrive bien souvent
qu’un résumé non accepté une année,
le soit l’année suivante car l’orientation générale
d’un congrès peut varier d’une année
sur l’autre. Dans tous les cas, seuls ceux qui n’ont
jamais tenté leur chance, n’ont jamais été déçu
par un refus. |